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Finale NBA 2016: les géants se retrouvent

Faisons un point sur les deux champions de leur conférence respective: Cleveland et Golden State.

Conférence Est

Eastern Conference

Durant les interviews d’après match, Dwane Casey, le coach de Toronto (TOR), s’est moqué régulièrement de la condescendante de la presse à l’égard de son équipe: un historique médiocre en playoffs, pas de vraies stars, trop au nord des Etats-Unis pour gagner. Pourtant, cette année aura été exceptionnelle pour l’équipe canadienne. Toronto a accueilli les All-Star Games en février 2016 et son équipe, 2ème de sa conférence, a atteint la finale de la conférence est pour la première fois.

Face à une équipe de Cleveland (CLE) enfin au sommet de sa forme, TOR n’a pourtant pas fait le poids. Elle a certes fait rêver ses fans en s’adjugeant deux matchs à domicile. La performance défensive de leur pivot remplaçant Bismack Biyombo (son énergie, contres, rebonds y compris 26 dont 8 offensifs lors de la 3ème partie) ne peut cependant pas faire oublier que CLE a oblitéré son adversaire avec une marge 28,5 points en moyenne lors de quatre victoires. Du jamais vu en finale de conférence. De quels atouts disposent les Cavaliers au démarrage de cette dernière série face aux Golden State Warriors?

LBJ
LBJ, de retour en finale de NBA

A tout seigneur, tout honneur: Lebron « King » James. De retour dans ses terres natales en début de saison derrière, il s’est promis d’offrir à Cleveland un trophée Larry O'Brien. Voici sa troisième opportunité pour Cleveland, sixième de suite et septième de sa carrière. Que dire de plus? A 31 ans, on le sait expérimenté, explosif, surpuissant mais aussi piètre tireur à 3 points et passable au lancer-franc. Contrairement à la finale 2015, il est entouré de l’ensemble des titulaires de son équipe. Beaucoup d’entre eux sont des tireurs redoutables: sept joueurs tirent à plus de 44% à 3 points lors de ces playoffs. On s’attend à ce que Lebron James abuse de son gabarit (2,03m, 113kg) pour mettre à mal la défense adverse en pénétration et utilise ses talents de passeur pour alimenter ses coéquipiers. Pour preuve: durant ces playoffs, il compte 7 passes décisives en moyenne, soit 1,9 de plus que le meneur de jeu de l’équipe.

Autre atout majeur: l’équipe est en bonne santé. Son parcours en phase finale aura été relativement facile. Elle débute la série face à Golden State reposée. Kyle Irving et Kevin Love sont là contrairement à l’an dernier. Quant à J.R. Smith, il semble enfin concentré sur son rôle. Acquisition de l’intersaison, Channing Frye ajoute une arme offensive à l’arsenal de CLE. En janvier 2016, David Blatt a été remplacé par Tyronn Lue. L’équipe s’en porte mieux: les capacités de Kevin Love sous le panneau sont mieux exploitées. Lebron James le respecte et n’a plus à cumuler les rôles de "defacto coach" et de star de l’équipe comme lorsque Blatt dirigeait l’équipe.


Toronto: no match

Deux questions restent en suspens: Kevin Love peut-il contribuer de façon fiable et pas seulement lorsqu’il réussit ses tirs en début de partie comme lors des 5ème et 6ème parties face à TOR? Lebron James résistera-t-il à la pression d’une finale qui fera de lui une légende de façon indiscutable ou confirmera que l’ère Stephen Curry a bel et bien débuté?

Conférence Ouest

OKC GSW

Cette série aura été passionnante: le duo explosif des Oklahoma Thunders (OKC), Kevin Durant et Russell Westbrook, face au champion NBA en titre, les Golden State Warriors (GSW). Sept matchs ont été nécessaires pour savoir laquelle des deux équipes représentera la conférence ouest. Après s’être défait des Dallas Mavericks et des Spurs de San Antonio, OKC n’a pas démérité: des stars toujours proches d’un triple-double, dominant au rebond et notamment offensif et une correction administrée à GSW en durant le 3ème match gagné 133-105, l'écart ayant atteint jusqu’à 41 points. Le talent de ses individualités n’a pas suffi à effacer les doutes sur sa cohésion d’équipe. Durant la saison régulière, OKC a perdu à 15 reprises malgré une avance en fin de 3ème quart temps, plus que n’importe quelles autres équipes. Souvent mis en cause durant le 4ème quart temps: l’efficacité de son duo de stars sous la pression (par exemple, combinés: 0 points, 6 ballons perdus durant les 5 minutes finales du 6ème match à domicile face à GSW), les ballons perdus et les fautes commises offrant des points faciles au lancer franc.

okc
C'en est fini pour OKC: Durant, Wrestbrook et leur coach Billy Donovan

A l’inverse, malgré des passes difficiles durant les 3ème et 4ème matchs contre OKC, les stars de GSW résistent à la pression. La sérénité face à l’adversité dont font preuve Stephen Curry et de Klay Thompson est exceptionnelle. Mené 3-1, GSW a réussi à remonter son retard à 3-3, ce que seulement neuf équipes ont réussi à faire en finale de conférence dans l’histoire de la NBA. Lors du 6éme match, les onze paniers à 3 points de Klay Thompson sont un record pour une phase finale. Que dire du MVP unanime de la saison 2015-2016 et pour la deuxième année consécutive, Stephen Curry: bien qu’il shoote environ 5p% moins bien durant ces playoffs que durant la saison régulière, on le sait capable de tirs improbables qui vaudraient au joueur lambda d’être assigné sur le banc par n’importe quel entraineur. Lors du 7ème match, en véritable patron, il marque 36 points (7 /12 à 3 points) et propulse son équipe en finale face à CLE.

Après la victoire en 2015, GSW avait été accusé d’avoir bénéficié de la blessure de ses adversaires (les meneurs notamment) pour l'emporter. Sa victoire était-elle légitime? Cette année, ses joueurs ont eu à cœur de le prouver. D'ailleurs, pourrait-on considérer leurs 73 victoires en saison régulière, un record, comme un succès si elles ne se concluaient pas par un trophée en final? L’équipe devra compter sur son arsenal offensif pléthorique mais aussi sur ses défenseurs Draymond Green et Andre Iguodala pour arrêter Lebron James. De plus, l’expérience de son coach pèsera: en tant que joueur (5 fois champion y compris 3 fois de suite avec les Bulls en 1996, 1997, 1998) et coach (1er coach à gagner un championnat leur 1ère année), Steve Kerr aura un rôle critique. Lors d’une finale, son sens stratégique aidera son équipe à dominer autant que sa capacité à laisser ses joueurs se concentrer sur leur rôle: se calmer, exécuter les instructions, exprimer leur talent. Rappelons qu’il fut lui-même un tireur à 3 points redoutable à 45,4% de réussite en moyenne en quinze ans de carrière, le record NBA. Pouvait-il rêver de mieux qu’une équipe de snipers ?

Splash Brothers
Les Splash Brothers

Le premier match de la finale sera joué en Californie jeudi 2 juin. Elle a un air de revanche. En 2015, GSW l'avait emporté sur CLE en six matchs. En l'absence d'Irving et Love, les efforts herculéens de James n'avaient pas suffit. Face à une équipe parfaitement reposée, on peut craindre que la fatigue physique et émotionnelle ne compromette les chances de GSW de l’emporter face à CLE pour une deuxième fois consécutive. Rappelons les scores de la finale 2015 :

et quelques faits marquants :

  • Pas de Kevin Love ni de Kyrie Irving blessé, absent à partir du 2ème match,
  • 35,8 points en moyenne pour Lebron James avec 39,8% de réussite seulement,
  • Andre Iguodala, MVP de la finale.


GSW rira-t-il en 2016 comme en 2015?

Pronostics

Osons les pronostics au risque de se méprendre lourdement:

  • Victoire de GSW en 6 matchs,
  • MVP de la finale: Stephen Curry,

et les conséquences suivantes sur les équipes du carré final:

  • Départ de Kyle Irving de Cleveland pour les Los Angeles Clippers en échange de Chris Paul,
  • Départ de DeMar DeRozan de Toronto pour les Los Angeles Lakers,
  • Harrison Barnes quitte les Golden States Warriors,
  • Luis Scola quitte Toronto et finit sa carrière en Argentine,
  • Lebron James reste à Cleveland,
  • Kevin Durant reste à Oklahoma City pour une dernière année, le temps de savoir ce que Wrestbrook décidera en 2017.

 

Crédits: "LBJ de retour en finale de NBA" par Dan Hamilton/USA Today Sports, "Toronto : no match" par Nick Turchiaro, "C'en est fini pour OKC" par Kelley L Cox, "Les Splash Brothers" par Steve Mitchell USA TODAY, "GSW rira-t-il?" par Bob Donnan USA TODAY Sports

 

Portrait de MarquisDaily
MarquisDaily

Cinéphile, photoshoppeur et rédacteur en herbe

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