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NBA : Dirk Nowitzki 30k

En 1998, qui eut cru qu’un jeune allemand de 18 ans entrerait un jour dans le club très fermé des joueurs ayant marqué plus de 30 000 points durant leur carrière ? Sélectionné par les Milwaukees Bucks et immédiatement transféré vers les Mavericks de Dallas, Dirk Nowitzki est devenu l’un des joueurs non-américains les plus prolifiques et l’un des meilleurs avants de l’histoire de la NBA.

En sa compagnie, on retrouve les grands noms du basketball nord-américain : Kareem Abdul-Jabbar (38 387 points), Karl « The mailman » Malone (36 928, seul avant-fort comme Nowitzki), Kobe Bryant (33 643), Michael Jordan  (32 292) et Wilt Chamberlain (31 419). L’allemand a encore une chance de dépasser ce dernier puisqu’il affirme vouloir jouer jusqu’à la fin de son contrat en 2018, soit 20 ans de carrière. Son âge avancé pour un sportif professionnel pourrait le trahir bien qu’il soit encore un joueur productif (PER de 17, 13,9 points et 6,7 rebonds par match). Il faut également ajouter qu’on ne refuse généralement pas un chèque de $25m malgré des douleurs à toutes les articulations. D’ailleurs, avec Lebron James et Carmelo Anthony, il est l’un des trois joueurs de la NBA à ne pas pouvoir être transféré par son équipe sans son consentement.

Si il devait dépasser Chamberlain, on présage donc d’une célébration qui devrait dépasser celle du 7 mars 2017. Durant un match victorieux contre les Lakers 122 – 11, la foule de l'American Airlines Center de Dallas, les coéquipiers, le staff et les proches de Nowitzki ont célébré bruyamment leur héros. 20 points seulement lui étaient nécessaires pour franchir le seuil des 30000 points. Treize minutes de jeu plus tard, un « fadeway » si caractéristique face à Larry Nance Jr et l’histoire était écrite. Premier à saluer la performance de l’allemand, Nerlens Noel est également le moins légitime. Judicieusement transféré des Sixers cette année il y a quelques semaines seulement, il rappelle que les Mavericks ont beaucoup changé depuis l’arrivée de Nowitzki et le rachat de l’équipe en 2000 par le milliardaire Mark Cuban. Aucun joueur n’a montré une telle fidélité aux Mavericks, fidélité qui n’est pas sans rappeler celle de grands champions récemment retraités comme Kobe Bryant (Lakers) et Tim Duncan (Spurs). Parmi les joueurs marquants avec qui Nowitzki a joué : son ami et double-MVP Steve Nash, Michael Finley, Nick Van Exel, le général de poche Avery Johnson (joueur et coach de l'équipe), Jerry Stackhouse, Jason Kidd, Shawn Marion, Tyson Chandler, Vince Carter… L‘équipe actuelle a encore quelques minces espoirs d’accrocher la 8eme place des play-offs dans la conférence ouest mais le joueur allemand, Harrison Barnes, Seth Curry, Wesley Matthews et Cie auront du mal à dépasser les Denver Nuggets et les Portland Trail Blazers.


Kristaps Porzingis face à son joueur de référence, Dirk Nowitzki (crédit : Anthony Gruppuso/USA TODAY Sports)

A 2,13m, Nowitzki est le prototype de ce que les médias américains aimaient appeler un « joueur européen » : bon tireur mais tendre en défense, à la merci des épaules carrées des nord-américains. Si son début de carrière leurs ont donné raison, il a rapidement su devenir compétitif face aux meilleurs avants et pivots de sa génération comme Kevin Garnett, Chris Webber et Tim Duncan. « Most Valuable Player » de la saison 2007, 13 fois All-Star, 4 fois dans la première équipe All-NBA, il a aussi été le champion du concours à trois points des All-Stars 2006 face à Ray Allen (excusez du peu). Au cours de sa carrière et à ce jour, il tire à 47,3% de réussite, 38,1% à trois points et 88% au lancer-franc : performance remarquable… à défaut d’être un défenseur crédible. Souvent comparé à Larry Bird, il est devenu la référence dont s’inspirent les « stretch-forwards » contemporains, c’est-à-dire des avants capables de paniers primés comme Kristaps Porzingis (New York Knicks), Joël Embiid (Philadelphia 76er Sixers), DeMarcus Cousins (New Orleans Pelicans)…

Il fut aussi le MVP de la finale de 2011, gagnée par les Mavericks contre les Miami Heat de Dwyane Wade, Chris Bosch et Lebron James. Bien que donnée perdante, l’équipe de Nowitzki s’était imposée en six matchs (4-2) et remportée le seul trophée NBA de son histoire. Jordan avait eu son « flu game », malade face aux Jazz. L’allemand a lui-aussi bâti sa légende en remportant le 4eme match de la finale, à l’arrachée, malgré une fièvre tenace. Wade et James ne s’étaient pas privés de se moquer de lui, imitant ses quintes de toux, pour finalement s’incliner avec humilité. Quelques années plus tard, ces mêmes joueurs félicitent Nowitzki sur les réseaux sociaux de sa performance historique...

… en espérant faire partie eux-aussi du club des 30k. Chose impossible pour Wade (35 ans, environ 21 600 points en fin de la saison en cours) mais très probable dès la saison prochaine pour James (32 ans, environ 28 800 points). D’autres joueurs ont leur chance à cet exercice et on y imagine Kevin Durant et Carmelo Anthony y parvenir. Quant aux autres joueurs allemands actuellement en NBA, on compte seulement Paul Zipser (Bulls de Chicago) et Dennis Schröder (Hawks d’Atlanta) et peu d’espoir de les voir aussi productifs et appréciés que leur aîné. A Nowitzki d’insulffler à ses compatriotes les mêmes réussite et fidélité à leur équipe.

 

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MarquisDaily

Cinéphile, photoshoppeur et rédacteur en herbe

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