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Finale NBA 2016: Golden State aux portes de la victoire

Alors que l’on s’attend à une finale à sens unique, les matchs joués sur le parquet des Cavaliers de Cleveland (CLE) ont redonné espoir d’assister à une confrontation véritablement compétitive. Que vous soyez supporteurs de CLE ou portiez les couleurs bleues et jaunes des Golden States Warriors (GSW), qui peut s’en plaindre ?

NBA 2016

3ème match

La finale tant attendue depuis celle de 2015 entre ces mêmes équipes s’apprêtait à devenir une simple promenade de santé pour GSW. Lors du 3eme match, la situation a été tout autre. Malgré l’absence de Kevin Love, blessé, Lebron James et surtout Kyrie Irving nous ont rappelé qu’on n’atteint pas la finale NBA sans talent. Plus encore, la passivité, voire l’anémie, qui semblait les frapper, a été remplacée par une soif de gagner, entretenue par les 20 562 spectateurs dans le stade de Cleveland.


Irving et James: 62 points à eux seuls

Si Lebron ne déçoit jamais vraiment et arrive toujours à avoir au moins des statistiques correctes, Kyrie Irving devait se rattraper: sur les deux premiers matchs, 12 tirs réussis pour 35 tentatives pas même compensés par des passes décisives (4 seulement au total). Même chose pour J.R. Smith, quasi absent à l’offensive comme en défense. Lors de ce 3eme match, tous deux ont fait exploser leur arsenal offensif: en isolation et en pénétration pour Irving et à trois points pour Smith (5 tirs sur 10). Seul bémol: le coach Tyronn Lue qui s’appuie presque entièrement sur le cinq majeur et à peine sur ses remplaçants qui n’ont pas l’opportunité de contribuer. Par exemple, 3 points de Shumpert en 18min, 0 point de Frye en 12min, 2 point de Dellavedova en 8min…

Green
Où est passé l'énergie de GSW et de Draymond Green lors du 3eme match?

Que dire de la prestation de GSW? A l’image de CLE durant la 2eme confrontation, on dira poliment que ses joueurs sont passés à côté de leur match. Les « splash brothers » Stephen Curry et Clay Thompson ont fait « plouf »: 10 tirs sur 26 et 4 seulement à trois points pour 16 tentatives, soit un total de 29 points. A titre de comparaison, Thompson avait tiré 31 fois face à Oklahoma City lors du 6eme match; 24 fois pour Curry lors du 7eme match. On soupçonnerait presque un manque d’effort. Autre indication: CLE a dominé au rebond (52 contre 31) et a surtout pris 17 rebonds offensifs. Bien qu’ayant réduit l’écart à 9 points en 2eme quart-temps, GSW n’a jamais vraiment semblé en mesure de répondre à l’intensité de CLE.

A l’issue de ce match, l’impression est mitigée. Le duel n’a été véritablement compétitif que par intermittence. Les écarts entre les deux équipes sont tels que le 4eme quart-temps n’a presque pas d’intérêt. Les super stars des deux équipes, Lebron James pour CLE et Stephen Curry pour GSW, sont irréguliers et perdent de nombreux ballons avec un total sur trois matchs de 16 et 15 respectivement. A l’aune de leur possible consécration, auraient-ils les jambes molles, les mains moites, la bouche pâteuse? Est-ce le genre de prestation que l’on attendait de deux champions d’exception?

 

4eme match

Enfin un match compétitif. Il aura fallu attendre les dix dernières minutes de jeu à 81-81 pour voir GSW prendre le large et l’emporter. Cette victoire est d’autant plus savoureuse que les « splash brothers » ont enfin été à la hauteur de leur réputation. Et de quelle manière: 63 points à eux deux, 46,2% de réussite et 50% à 3 points. GSW en a profité pour battre le record de papier à 3 points lors d’une finale avec 17 (47,2% de réussite). Le succès est collectif notamment d’un point de vue défensif et au rebond où GSW a enfin fait jeu égal avec CLE. Tous les joueurs ont contribué. Par exemple, James McAdoo a joué plus de 7min contre 4,5min jusqu’à présent lors de ces playoffs. Dans l’effectif de CLE pendant les 10 premières années de sa carrière NBA, Anderson Varejao a offert 3 rebonds offensifs à GSW et l’énergie nécessaire au 3eme quart-temps pour finalement prendre le dessus.

AI
Le banc et la défense extérieure de GSW avec Andre Iguodala

A l’inverse, Lebron James n’a pas apporté à son équipe l’effort nécessaire pour endiguer l’offensive GSW quand il le fallait. Statistiquement, pas grand-chose à dire: 25 points, 13 rebonds, 9 passes décisives mais aussi 7 ballons perdus. Durant l'interview de fin de partie, interrogé sur l’absence de fautes sifflées en sa faveur (4 lancés francs seulement), la frustration paraissait évidente sur le visage du champion. Durant le 2eme match de cette finale, on se rappelle que James avait été pénalisé pour deux marchers, les arbitres étant normalement indulgents sur ce genre de faute ’et qui plus est quand il s'agit d’une star. L’impression qui en reste est un sentiment de fin de règne pour le « king »: son aura ne suffit plus à bénéficier de coups de sifflet favorables. Seule vraie bonne nouvelle pour CLE, la performance de Kyrie Irving, à nouveau excellent à l’offensive (34 points) et à la défensive (3 interceptions, 1 bloc).

Irving CLE
Kyrie Irving à l'attaque

L’arbitrage jouera un grand rôle pour la suite des événements. Draymond Green est encore soupçonné d’avoir volontairement frappé l’entre-jambes d’un joueur, Lebron James en l’occurrence. Cet incident rappelle celui à l’encontre de Steven Adams, le pivot d’OKC, lors de la finale de conférence ouest. Il risque une suspension. Il passe peut-être même à côté d'un sacre de MVP de la finale. Face à l’ailier de GSW, Lebron James n’a pas réagi comme à l’accoutumée. Même vexé par les propos de Green, la violence de sa réaction et le fait d’enjamber l’adversaire à terre (manque de respect total) sont difficiles à comprendre à 3min de la fin d’une rencontre capitale.


Double faute personnel pour Green et James, mais avantage GSW

De plus, les choix de coach Lue sont questionnables. Richard Jefferson était dans cinq majeur en remplacement de Kevin Love. Réutiliser la formule qui a mené à une victoire convaincante lors du 3eme match peut paraitre judicieuse. D’ailleurs, la contribution de Love a été modeste pour un joueur payé cette année 19,7 millions de dollars, avec 11 point seulement. Si on peut admettre que le duo James / Irving jouent longtemps au risque de se fatiguer, on a dit mal à saisir que l’intégralité de l’attaque définie par le coach passe par eux. James et Irving ont pris à 33 des 38 tirs de l’équipe en 2eme mi-temps. Face à OKC, la défense de GSW a déjà prouvé être capable de dominer une équipe dont deux joueurs seulement sont actifs. OKC, CLE, même formule face à GSW, même résultat.

 

Mauvaise nouvelle pour CLE. Jamais aucune équipe n’a réussi à revenir d’un score de 1-3 pour emporter une finale NBA. Non seulement CLE aura du mal à gagner 4 matchs de suite, mais GSW n’a jamais perdu plus de deux matchs d’affilée durant cette saison. Et quoi de mieux que conclure sur une victoire à domicile et mettre un point final, voire d’exclamation, à une saison exceptionnelle.

 

Crédits: Entête par Geoff Burke/USA TODAY Sports & ESPN, "Irving et James: 62 points à eux seuls" par AFP, "Où est passé l'énergie de GSW et de Draymond Green?" par AP, "Le banc et la défense extérieure de GSW avec Andre Iguodala" par AP, "Kyrie Irving à l'attaque" par David Maxwell - EPA, "Double faute personnel pour Green et James, mais avantage GSW" par AP

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MarquisDaily

Cinéphile, photoshoppeur et rédacteur en herbe

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