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Une ville et ses films: Tokyo

Encore récemment, l’un des rédacteurs de Cult’n Click dont on conservera l’anonymat disait avec un fort accent picard : « Mais bon, les japonais, ils se ressemblent tous. Et les films sur Tokyo, tout pareil : un robot, un gros lézard, une baston, terminer». Des propos qu’il convient de prendre avec des pincettes et que nous nuancerons dans ce nouvel épisode de « une ville et ses films ». Aujourd’hui : Tokyo, la capitale du Japon.

 

Godzilla (1954) - Godzilla Resurgence (2016)

Tout de même, il y a quelques histoires de gros lézards. Le Japon et sa culture de l’éphémère ont su s’inventer des représentations terrifiantes des menaces naturelles ou nucléaires auxquelles ils font face. En 1954, un premier film met en scène du monstre géant, Godzilla. Depuis, jeux, comics et films produits par Toho Studios, DreamWorks, WBS… et se sont enchainés. En arrivant par sa baie, Tokyo et ses habitants sont bien souvent ses premières victimes.

Godzilla 1954
Godzilla, King Of The Monsters (1956) – et son souffle atomique réduit Tokyo en centre

Une autre anecdote relie Godzilla et la ville: en 2015, l’arrondissement de Shinjuku a fait de lui son ambassadeur du tourisme et l’honore d’une statue au sommet du cinéma Toho et quelques pas de la plus grande station de train au monde. Pas de rancœur, semble-t-il:

Toho Cinemas
Coucou! Oui, c'est bien la tête de Godzilla qui dépasse.

Et pourtant, tant de combats ont détruit Tokyo:

Godzilla Vs. King Ghidorah
Godzilla vs. King Ghidorah (1962): combats et voyages dans le temps entre Godzilla et le monstre volant, biologique puis mécanique

Godzilla vs KingKong
King Kong Vs. Godzilla: la scène du combat final sur le Mont Fuji, proche de Tokyo

GodZilla Resurgence (2016): voilà à quoi ressemble une scène de panique à Tokyo à proche du monstre

La renommée du monstre a depuis longtemps traversée les frontières du Japon. En 2004, Godzilla s'est même vu honoré d'une étoile sur la célèbre « Walk of Fame » d’Hollywood Boulevard.

 

Lost in translation avec Bill Murray et Scarlett Johansson (2003)

Une star vieillisante du cinema désanchantée, une jeune femme délaissée par un époux carriériste, le tout dans un Tokyo qui leurs est inconnu. Les scènes sont tournées principalement dans les quartiers de Shinjuku (centre d’affaires) et de Shibuya (jeune et trendy). Lors de leur rencontre au Park Hyatt Hotel, la réalisatrice Sofia Coppola donne un aperçu subtil de la ligne d’horizon de Tokyo, immense, imposant et clignotant de multiples néons. 52 étages plus bas et à Shibuya, Charlotte traverse le célèbre passage pour piétons face à la station de train et la statue du chien Hachiko. La célèbre scène du karaoke a également eu lieu à proximité de la station de train.

Lost in Translation
Lost in Translation : les petites rues de Tokyo aussi confuses pour le nouveau venus...

Lost in Translation
...que les gratte-ciels

 

Babel avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Gael Garcia Bernal (2006)

Les trois histoires entremêlées et distantes des personnages nous mènent à Tokyo où l’on suit Chieko interprétée par Rinko Kikuchi (également dans Pacific Rim et attendu mais pas confirmé dans Pacific Rim 2). Dans la ville généralement très bruyante, la jeune femme sourde fait face à ses frustrations sous bien des formes et dans bien des lieux: sur la chaise de son dentiste, dans le café J-Pop de Shibuya, dans le night-club « Womb » à Shibuya également, dans le métro droguée ou dans l’appartement de son père situé dans l’arrondissement de Chuo.

Babel
Le célèbre croisement de Shibuya que traversent Chieko et ses amis

Pour ceux qu’il apprécie les films Alejanrdo Inarritu, Babel est le 3eme volet d’une trilogie débutée par Amores Perros (2000) et 21 Grams (2003).

 

The Fast and the Furious: Tokyo Drift (2006)

Malgré ses 158m$ de recette, Tokyo Drift est probablement l’un des pires films de la franchise Fast & Furious. Pas de Paul Walker ni de Vin Diesel et pourtant, les autres ingrédients qui ont fait son succès sont bien là. Le film profite des néons colorés d’un Tokyo nocturne. L’arrondissement de Harajuku, le passage pour piétons de Shibuya... parfait mais une majorité des scènes n’a été tournée à Tokyo mais modifiée par CGI pour y ressembler. On s’y croirait. Contrairement à des villes comme New York, Paris ou Londres qui savent accueillir des équipes de production de films, les obstacles semblent nombreux à Tokyo: la population de la mégapole, sa densité, le zèle de la police rendent nécessaires la CGI ou la reconstitution pour imiter les apparences de Tokyo, à partir de scènes filmées à Los Angeles (Tokyo Drift), Beijing (Kill Bill : vol 1 en 2003), Sidney (The Wolverine en 2013).

Tokyo Drift

Tokyo Drift
Film et réalité: la CGI à la rescousse

 

Akira (1988)

Cet anime culte se déroule dans Néo-Tokyo, reconstruit sur les ruines de la ville actuelle. Tetsuo et Kaneda évoluent dans un univers foisonnant de détails dont on peut facilement s'imaginer qu’ils seront ceux d’un Tokyo cyberpunk futuriste. Pas forcément en 2019, année où l’anime situe l’histoire, mais dans un futur un peu plus lointain.

Akira
Une représentation superbe d'un Tokyo dyspotique...

Akira
... bâti sur les ruines du Tokyo que nous connaissons

 

Mention spéciale et « cardellienne » pour Tokyo! (2008) dont chacun des trois segments sont filmés par des réalisateurs différents (Michael Gondry, Leos Carax, Bong Jon-Hoo). Trois histoires et opportunités de voir la ville et ses habitants. La seconde est la plus réussie bien que son intérêt ne réside ailleurs pas dans la ville, mais dans son personnage principal dont la folie destructrice et aveugle n'est pas sans rappeler le gros dinosaure mentionné plus tôt.

A bientôt, pour une autre ville!

 

Portrait de MarquisDaily
MarquisDaily

Cinéphile, photoshoppeur et rédacteur en herbe

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