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Top Gun 2 : l'ivresse de la vitesse est de retour

Un invité célèbre, une question presque anodine et voilà Sunrise, émission matinale australienne sur Channel 7, propulsée à grands coups de postcombustion au sommet du buzz d’internet. En effet, le 24 juin, durant un direct, Tom Cruise a répondu à la question « Top Gun 2 : s’il vous plait, dites que c’est vrai. » par un « oui » candide et un rire désarmant. 31 ans après la sortie du film de Top Gun qui a consacré l’acteur au rang des stars les plus bankables d’Hollywood, nous apprenons donc que le tournage d’une suite débutera probablement en 2018. Elle est en tout cas confirmée par l’acteur – producteur en personne. Jerry Bruckheimer, producteur de six films de Tony Scott, dont Top Gun, a fait de même sur Twitter :

En 1986, Top Gun avait eu quatre effets complémentaires : 356 m$ de recette pour un budget estimé à 15m$ seulement ; proposer un film de guerre au plus près des combats aériens comme cela n’avait jamais été fait ; augmenter les ventes Ray-Ban Aviators, lunettes de soleil datant de 1937, de 40% ; voir le nombre de postulants à l’US Navy augmenter de 500%. Coïncidence ou pas, en mai 2016, l’US Air Force estimait qu’il lui manquait 700 pilotes pour être à pleine capacité…

La bande-son de Top Gun avait été aussi particulièrement réussie avec un hymne très synthétique signée par l’allemand Harold Faltermeyer, des reprises comme le Great Balls of Fire (Jerry Lee Lewis) et des hits comme Take My Breath Away (Berlin) et Danger Zone (Kenny Loggins) :

Le thème du film était simple : le parcours initiatique d’un jeune pilote, aussi talentueux qu’insubordonné, grâce à deux instructeurs, l’un militaire (Viper, Tom Skerritt), l’autre civil (Charlie, Kelly McGillis). Confronté au décès de son copilote et à une intense compétition, il parvient néanmoins à terminer son entraînement au centre de formation d'élite de Miramar. Il sera finalement déployé face à l’ennemi russe (équipé de F-5 américains affublés d’une étoile rouge…) en situation de combat réel.

Glamour certes, Top Gun fait aussi l’apologie de l’Amérique victorieuse. La présidence de Ronald Reagan a vu plus d’un film de ce tonneau comme Rocky IV (face à Ivan Drago), Rambo III (en Afghanistan) et autres films d’action mettant en scène des vétérans de la guerre du Vietnam (1955-1975). Néanmoins, le film utilisait des artifices différents pour séduire les amateurs de sensation forte : la virilité sensuelle des aviateurs, sur les terrains de volleyball comme aux commandes d’un F-14 Tomcat, les insignes d'unités dont se sont couverts plus d’un blouson d’adolescent et les surnoms des pilotes, codés et éminemment personnels (Maverick, Iceman, Goose, Slider, Hollywood…)


"À nous l'ivresse, l'ivresse de la vitesse ! - I feel the need, the need for speed !"

Le réalisateur de cette suite n’est pas encore connu. La présence de Tom Cruise est certaine et Val Kilmer se déclare disponible pour participer à ce projet. On s’interroge sur le ton qui sera donné au film. La bravade des années 80 ne colle plus vraiment à la situation politique des Etats-Unis à notre époque. L’ennemi est lui-aussi beaucoup plus difficile à cerner : le bloc soviétique disparu, sera-t-il substitué par la Chine, la Corée du Nord, la Russie ou l’état islamique ? De plus, si on exclut les tensions en mer de Chine et dans une certaine mesure la guerre en Syrie, les conflits modernes s’appuient sur l’usage d’unités spéciales et de drones aériens, et bientôt marins et terrestres. On voit mal Top Gun 2 se déroulait dans une salle de contrôle climatisée devant une dizaine d’écrans. A moins que ce soit là précisément, l’un des thèmes technologiques et morals que Maverick et ses compères devront apprivoiser.

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MarquisDaily

Cinéphile, photoshoppeur et rédacteur en herbe

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