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New York Knicks: gros plan sur la franchise mythique de la NBA

Les Knickerbockers de New York, plus communément appelés Knicks, font partie de ces équipes du championnat de basketball américain NBA que l’on aime sans bien savoir pourquoi. Depuis 1946 et sous différents formats, elle a pour elle une fidélité rare à sa ville, New York. Ses matches se déroulent dans le légendaire Madison Square Garden, salle multifonctions située à Manhattan, et dont l’équipe est elle-même la propriété. A part cela, son palmarès est terne et loin de celui des autres franchises emblématiques de la NBA, comme les Lakers de Los Angeles, les Celtics de Boston, les Bulls de Chicago. Elle ne compte que deux titres de champion NBA en 1970 et 1973 ainsi que huit titres de champion de la conférence Est dont le dernier était en 1999. Certains se souviennent encore du panier primé à 3 points de Larry Johnson contre les Indiana Pacers durant le 3eme match de la finale Est… à condition d’avoir trente ans et plus.

La performance des Knicks au cours de la saison passée a été calamiteuse: des statistiques en berne dans toutes les catégories, leur absence de la phase finale, une troisième saison sous la barre symbolique des 50% de victoires. Seule consolation: avoir fait mieux moins pire que l’équipe rivale de New York, les Nets de Brooklyn. Les annonces de cette intersaison ont donné du baume au cœur des nombreux supporteurs de la franchise. Analysons la situation de l’équipe à quelques mois de la reprise du championnat.

Jeff Hornacek

En juin, le président des Knicks et illustre coach Phil Jackson a sélectionné Jeff Hornacek pour prendre la relève de Kurt Rambis, intérimaire suite au départ de Derrick Fisher en février 2016. Jeff Hornacek quitte les Suns avec un taux de succès modeste de 47,4%. Ses trois années à la tête de l’équipe de Phoenix ont cependant attiré l’attention sur ses qualités de leader, améliorant les performances de l’équipe dans la conférence Ouest, la plus dure du championnat. Ses efforts lui ont valu d’être considéré comme Coach de l’Année 2014, titre finalement remporté par Gregg Popovich des Spurs de San Antonio. Connu pour son style offensif agressif dit "Run ‘n’ Gun", il devra composer avec l’héritage de Phil Jackson. Au centre de l’argumentaire du "Zen Master": l’attaque en triangle à laquelle il doit ses onze titres NBA avec les Bulls et les Lakers. Le problème est que de nos jours, la défense de zone est autorisée et les tireurs à trois points sont légion. Sauf chez les Knicks…


Trois nouveaux venus chez les Knicks

Brandon Jennings

La carrière de ce joueur n’a pas pris la tournure que ses premières années à Milwaukee laissaient présager: marqueur prolifique, excellent passeur, il a affolé les compteurs plus d’une fois. Son passage à Detroit s’est soldé par une déchirure du tendon d'achille qui mit un terme à sa saison 2015-2016 dès janvier. Au sein des Knicks, son rôle est un peu énigmatique: meneur remplaçant ou un scoreur dynamique, à la façon de l’ex-Newyorkais Jamal Crawford, remarquable 6eme homme des Clippers de Los Angeles?

Courtney Lee

Recruté cette année, l’arrière de trente ans s’est vu offrir un contrat long d’une valeur de 50m$ pour apporter sa défense à la périphérie et son tir à trois points avec un honnête 38,4% de réussite sur l'ensemble de sa carrière. Ce joueur complet et solide ne brille cependant dans aucun compartiment du jeu. On peut également craindre que ses qualités athlétiques soient en deça de ses opposants. Habitué à changer fréquemment d’équipes en dix ans de carrière, le voici au poste d’arrière d’une franchise historique, sécurisé pour quatre ans et probablement très satisfait de sa situation. Il donnera certainement le maximum de son talent.

Joakim Noah

Le pivot français a connu de meilleurs jours que lors de la saison 2015-2016 à Chicago. Toute sa carrière s’est pourtant faite là-bas mais ses blessures, des statistiques en berne (4,3 points, 8,8 rebonds en 29 matchs seulement en 2015-2016) et la présence de l’excellent Paul Gasol l’ont fait sortir de la rotation. Joakim Noah a été cité disant: "je ne veux pas seulement être payé et content. Je veux être un animal. Je veux rendre la ville fière" (New York Daily News, 11 juillet). On peut lui faire confiance: le joueur est féroce et notamment en défense. Il est bon passeur et maitrise le "pick & roll". Mais de là à être payé 72m$ sur quatre ans jusqu’à ses 35 ans, on s’interroge.

Derrick Rose

Exit José Calderón. Les Knicks ont signé l’ex-MVP de la saison 2011. Après de nombreuses blessures et une saison 2015-2016 correcte avec les Bulls, le joueur améliore assurément le poste de meneur de l’équipe. Son déclin physique l’a forcé à faire évoluer son style de jeu, de toute façon une nécessité pour au moins une bonne raison: les Knicks comptent déjà l’un des meilleurs joueurs en isolation, Carmelo Anthony. Le Derrick Rose de 2011 n’est donc plus nécessaire. Deux bémols de sa sélection existent: son état de santé générale ne lui permettra probablement pas de jouer 82 matchs et une ou deux séries en phase finale. Par ailleurs, Rose reste un shooteur moyen alors que la NBA est dominée par le tir à trois points. Face aux médias, Derrick Rose a souvent insisté sur ses devoirs vis-à-vis de sa famille. 2016-2017 sera la dernière année de son contrat et lui rapportera 21m$: de quoi couvrir très largement le confort de ses proches. Mais l’an prochain, rien ne lui est garanti. Produire l’effort maximum pour un futur contrat, voici l’un des atouts dont dispose Jeff Hornacek pour tirer le meilleur parti de son meneur. Le coach devra aussi tiré les leçons des déconvenues des Knicks avec des meneurs possessifs du ballon, à savoir Stephon Marbury entre 2004 et 2009.


On verra plus d'un dunk de Porziņģis dans la décennie à venir

Kristaps Porziņģis

Durant la saison 2015-2016, le jeune letton a été la raison d’espérer des fans des Knicks et probablement l’une des seules raisons pour laquelle Phil Jackson n’a pas été contraint à la démission (la 2nde étant son salaire hors norme). La star Kevin Durant l’a qualifié de "licorne", c’est-à-dire un joueur extrêmement rare tant ses talents sont nombreux. Lors de la première saison en NBA, il a impressionné par sa mobilité, son intelligence de jeu, son tir, sa défense (1,9 contres par match), le tout avec une taille de 2,21m. Voilà donc l’avenir de la franchise dont Jeff Hornacek devra se préoccuper avec beaucoup d’attention.


Melo avec Team USA aux J.O. de Rio: encore...

Carmelo Anthony

Lorsque cet ailier exceptionnel est évoqué, une seule question se pose: rejoindra-t-il les grands de la NBA qui n’ont jamais gagné un championnat comme Karl Malone, John Stockton, Allen Iverson, Reggie Miller, Charles Barkley, Patrick Ewing? A 32 ans, les chances de « Melo » d'être couronné par un titre s’amenuisent. Certains colistiers de la Draft 2013 ont été plus fortunés: Lebron James, Chris Bosh, Dwyane Wade, à eux trois ou séparément, ont remporté le championnat plus d’une fois. Carmelo Anthony est quant à lui toujours bredouille. Maintenant entouré de joueurs certainement plus talentueux que lors de la saison passée, on peut imaginer que sa motivation et ses statistiques vont progresser, notamment son tir à trois points.

Depuis quelques semaines, Carmelo Anthony est le fer de lance des athlètes afro-américains face aux tensions raciales qui secouent les Etats-Unis. Son poste sur Instagram en atteste et place la barre très haute. Ses déclarations publiques, ses actions sociales et les débats qu’il a organisés sont des preuves tangibles de son engagement.

A ce stade de sa carrière, les Knicks peuvent encore compter sur quelques années productives de Carmelo Anthony. Mais on s’interroge sur ses véritables centres d'intérêt. Toujours le sourire aux lèvres, est-il véritablement motivé par un titre? Cet été, il participera encore aux J.O. avec l’équipe nationale américaine de basketball. Au détrimant de sa longévité pour les Knicks? Pourquoi une 4eme sélection? En recruteur des Knicks ou pour recevoir une nouvelle consécration qu’il sait ne jamais recevoir en NBA? L’idée d’une « super-team » qui fait rage dans les médias sportifs depuis le départ de Kevin Durant pour les Golden States n’est peut-être pas pour lui déplaire, lui dont on sait qu’il souhaiterait jouer avec Lebron James. Faisant contre-mauvaise fortune bon cœur, son nouveau coéquipier Derrick Rose a comparé l’équipe des Knicks à une « super-team ». Certains en rirent: une « super-team » en… 2011? Et sans blessure? Vraiment?


Phil Jackson aux commandes

Reste à voir si la stratégie de Phil Jackson paiera au point de gagner un championnat. En 2016, on en doute un peu mais l’amélioration de l'équipe est incontestable. Les Knicks seront l’une des attractions dans une conférence Est, plus relevée que l’an passé. A défaut de victoire finale, son cinq majeur qui compte un joueur natif de New York (Joakim Noah) s'assurera que le Madison Square Garden soit plein toute l’année. On est en droit de s’attendre à quelques beaux matchs de saison régulière, voire de playoffs, face aux Cavaliers, à Toronto et Chicago.

Sur le long terme, rien n’est sûr. A supposer que les joueurs ne se blessent pas, ils sont tous sur la pente descendante de leur carrière. D’autres équipes légendaires ont choisi des voies très différentes. Chicago mise sur le développement de sa star naissante Jimmy Butler avec l’ajout de Dwyane Wade. Les Lakers de Los Angeles ont signé quelques vétérans moyens pour accompagner la montée en force de jeunes joueurs comme D'Angelo Russell, Jordan Clarkson et le 2nd de la Draft 2016, Brandon Ingram. Miami semble avoir fait une croix sur la saison à venir et n’espère son salut que dans les progrès de Hassan Whiteside et le retour de Chris Bosh.

Vivement la reprise du championnat pour confirmer ou pas cette analyse des Knicks de New York!

 

Crédits: Entête par ©Madison Square Garden, Carmelo Anthony par Ethan Miller/Getty Images, Kristaps Porziņģis par NBA.com

 

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MarquisDaily

Cinéphile, photoshoppeur et rédacteur en herbe

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