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Coco, le dernier pari de Disney Pixar

Coco est le dernier film de Pixar, sorti le 29 novembre 2017. Il est réalisé par Lee Unkrich et Adrian Molina. Il nous conte l'histoire de Miguel, un gamin de 12 ans, dont le rêve est de devenir un grand musicien. Le problème : Sa famille, elle interdit toute forme de musique pour une raison inconnue. Une succession d'événement amène Miguel dans le monde des morts le jour de leur fête Dia de los muertos, et il décide de partir trouvé la seule personne qui lui permettra de réaliser son rêve, le musicien le plus connu du Mexique : Ernesto de la Cruz.

Un sujet à risque


coréalisateur Adrian Molina, productrice Darla K Anderson et coréalisateur  Lee Unkrich (photo de Deborah Coleman/Pixar)

L’idée du film est venue pendant que Lee Unkrich travaillait sur Toy Story 3 car il n’avait jamais vu de film sur cette fête à ce moment-là (La légende de Manolo ne sortait que 2 ans plus tard).

A l’annonce du projet de nombreuses voix s’élevèrent aux États-Unis et au Mexique contre la récupération par Disney d’un élément de leur culture. Les dirigeants de Pixar décident de travailler avec eux pour comprendre les problématiques de cette fête et éviter des erreurs. Lee Unkrich a senti énormément de pression sur ce projet et il a voulu éviter les clichés. Un deuxième réalisateur, le storyboarder Mexicain-Américain Adrian Molina, est adoubé par Lee Unkrich car il s’appuyait de plus en plus sur lui. Il était déjà très impliqué dans  la création de l’histoire,de l’univers et de la musique.

Au début du projet, l’histoire devait être celle d’un jeune américain qui découvrait ses origines mexicaines. A force de voyage au Mexique, de recherche et de discussion, l’équipe du film décida de changer totalement le récit car il n’était pas logique avec la culture mexicaine et la fête de Dia de Los Muertos. Cette fête est là pour ne pas oublier son héritage, sa famille c'est pourquoi le héros est, maintenant, un jeune mexicain dans un village typique du Mexique.

Un gamin entre la vie et la mort


Miguel et Dante

Dans la culture mexicaine, il y a une notion de 3 morts : la fin des battements du coeur, la crémation ou l'enterrement car plus personne ne peut nous voir, puis l’oubli. Cette notion est devenue centrale dans la création du film qui a été construit autour. Cette notion sert Miguel dans son choix cornélien entre l’amour de sa famille et la volonté de suivre ses rêves.

Les dons et rituels servent de lien entre vivants et morts dans la culture mexicaine et font le pont entre les deux mondes. Les animaux sont des protecteurs du passage entre la vie et la mort. Dante, le chien de Miguel, est un Xoloitzcuintle qui dans les légendes aztèques accompagnent les morts dans l’autre monde, tel Virgile avec Dante dans la Divine Comédie. La double symbolique est très bien trouvée mélangeant astucieusement culture occidentale et locale.

Un travail important a été réalisé par l'équipe du film sur les squelettes afin d'empêcher qu’ils fassent peur et pour réussir à les rendre vivant bien qu’ils soient morts. Ils leur ont donné des yeux pour qu'ils aient des sentiments car sinon le spectateur auraient eu du mal à comprendre leur sentiment et à éprouver de l'empathie pour ces morts. L'équipe a eu la volonté de créer un univers coloré dans le monde des morts. Ils l’ont saturé en couleurs avec une architecture mexicaine pour donner à ce monde un côté fantastique, débordant de vie mais cohérent.

Le Mexique au cœur du film


Miguel et sa guitare

Un choix artistique est assez risqué pour un film, une partie des discours et des remarques sont laissés en espagnol et sans sous-titre donc un travail sur l’interprétation des doubleurs a été fait pour que ça reste compréhensible pour tous les publics. L'équipe a voulu une famille traditionnelle mexicaine dans les villages où toutes les générations sont réunis sous le même toit.

La musique mexicaine est au cœur du film. L'équipe du film a souhaité montrer son pouvoir pour nous connecter aux personnes qu’on aime. Le travail de Germaine Franco, Mexicaine-Américaine, en tant que compositrice et autrice est énorme. Elle a écrit les paroles de certaines chansons avec Adrian Molina et a aidé Michael Giacchino a composé la musique pour avoir une musique qui soit culturellement la plus authentique.

Une sortie réussie

Le film sort en 52 langues c’est donc une très grande sortie. Mais le film est sorti, un mois en avance, au Mexique où il fait un carton. Déjà sorti la semaine dernière au États-Unis, il a déjà chassé les super-héros de DC de la première place du Box-Office. Sur Rotten Tomatoes il réalise d'excellent score : 96% au tomatometer et 97% par le public. Dans une l’Amérique de Trump, une telle réussite pour un film qui a pour sujet un pays et une population très décrié est un joli pied de nez.

Portrait de Honir
Honir

Fan de cinéma d'animation et d'Histoire ancienne | Rédacteur débutant

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