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Le Top 5 de la saison régulière NBA 2018-19

Les playoffs débutent et les matchs à venir laissent présager des duels passionnants. En 2018, le parcours des finalistes avait été mouvementé. Certains ne retiendront que le 4-0 des Golden State Warriors face aux Cleveland Cavaliers et un total cumulé de 15-7 sur les quatre saisons passées. Mais rappelons-nous que les Cavaliers avaient survécu à deux séries de 7 matchs face aux Indiana Pacers et aux Boston Celtics. Les Warriors n'ont dû leur progression en grande finale qu'à un incroyable concours de circonstances : la blessure de Chris Paul et 27 paniers à 3 points ratés d'affilée par les Houston Rockets lors du 7e et dernier match de la finale de conférence.

La situation est très différente cette année. Les Cavaliers ne sont pas qualifiés. Les Warriors paraissent vulnérables. Les Rockets sont revenus des enfers. Les Denver Nuggets surprennent. Les Milwaukee Bucks ont de loin le meilleur record de la NBA. Le cinq majeur des Philadelphia 76ers est solide... Les pronostics sont grands ouverts et votre avis vaut bien celui des analystes d'ESPN, surtout concernant la conférence est. Alors, au-delà du classement et de ces phases finales, que faut-il retenir de la saison NBA 2018-19 ? Quelles sont les petites et grandes histoires qui marqueront les esprits ?

L'est est de retour

En octobre 2018, le départ de LeBron James pour les LA Lakers avait semblé confirmer la faiblesse historique de la conférence est face à la conférence ouest. Elle perdait le meilleur joueur de la ligne. Le MVP en titre était à Houston. Les Warriors avaient ajouté DeMarcus Cousin à leur rotation. Une pensée pour les New York Knicks et leur médiocrité proverbiale. La messe était dite.

Et bien non. Les équipes disposant des meilleurs résultats sont les Bucks et les Toronto Raptors. Normal, elles jouent plus souvent au sein de leur conférence réputée faible que contre la conférence adverse. Cette hypothèse est plutôt fausse. A l'exception de Boston dont la saison a été globalement décevante, les meilleures équipes de la conférence est n'ont pas démérité face à la conférence adverse. Dans leur rang, on compte même deux nouveaux prétendants au titre de MVP, Giannas Antetokounmpo et Joël Embiid. Si on exclut LeBron James, cela n'était pas arrivé depuis la saison 2010-11 durant laquelle Derrick Rose (Chicago Bulls) et Dwight Howard (Orlando Magic) avaient terminé en 1e et 2e position des votes MVP, respectivement.

Par ailleurs, le "Chosen One" LeBron est tombé de son piédestal. On croit percevoir le crépuscule d'une carrière de légende. Normal, le soleil se couche toujours à l'ouest.

La patience

Elle se fait rare et les rookies en sont les premières victimes. Dès la draft 2018, l'ombre de Luka Doncic portait sur Trae Young. Échangés par leur équipe respective, Young a vécu des débuts difficiles alors que Doncic n'a cessé de faire le buzz. Depuis le weekend des All-Stars, voici Young qui enflamme les médias. La victoire des Atlanta Hawks face aux Bucks 136-135 sur un tir miraculeux du jeune joueur restera dans les mémoires. L'équipe d'Atlanta ne participera pas aux playoffs, loin s'en faut. Mais un espoir est né. Des joueurs dans leur 2e année pro comme Jayson Tatum ou Donovan Mitchell ont été victimes de l'impatience des médias et des fans. Alors que Tatum n'a pas progressé comme on aurait pu l'espérer, il aura fallu à Mitchell quelques mois de solitude pour retrouver en janvier seulement la productivité de sa saison de rookie. Les excellents résultats des Utah Jazz s'en ressentent.

Certaines équipes pourraient collectivement faire les frais de notre empressement. A un match près, les Denvers Nuggets ont raté les playoffs 2018. Les voici en 2e position de la conférence ouest, talonnant les Golden State Warriors. La finale de conférence, voire la grande finale, sont donc à leur portée. Certes, mais personne ne devrait reprocher à la deuxième équipe la plus jeune de la ligue et l'une des moins expérimentées (à l'exception de Paul Millsap) de choir au 2e tour des playoffs.

Une pression similaire ne manquera pas de s'exercer sur les Sacramento Kings, sensation de cette saison. Un démarrage réussi en octobre 2019 et les médias s'étonneront, déçus, choqués, de les voir absents des playoffs 2020. Après tout, les Orlondo Magic y sont parvenus cette année. Et pourtant, Buddy Hield, De'Aaron Fox et Bogdan Bogdanovic joueront alors leur 3e saison, Marvin Bagley sa 2e. Voilà de bien jeunes joueurs. Et on ne vous parle pas de Zion Williamson, phénomène physique qui débutera sa carrière NBA dans quelques mois... Candidat MVP en 2020 ? Futur HOF ? Ben voyons...

"Player empowerment"

En 1981, la légende Magic Johnson a signé à vie avec les Lakers : 25 ans, 25m$. Depuis son départ pour Miami en 2010, LeBron James a lancé un mouvement dont les stars tentent toutes dorénavant de s'emparer. "Maîtriser sa propre destinée", "Créer sa propre plateforme", "S'émanciper" (si cette expression n'était pas chargée de souffrances toujours à fleur de peau dans la société américaine...) En d'autres termes, les joueurs souhaitent tirer un profit optimal de leur courte carrière professionnelle. Ils expriment sur des sujets sociétaux, créent de sociétés de production, lancent leur marque de chaussures (hello Spencer Dinwiddie, bye bye Lonzo "BBB" Ball). Non pas que la NBA encourage ses fans à se désintéresser des franchises (ses donneurs d'ordres) mais elle bénéficie de l'image positive, progressiste des joueurs qui réussissent loin des parquets de basket-ball.

La situation devient plus délicate lorsque ces mêmes joueurs interfèrent avec les règles des accords collectifs bâtis entre leurs représentants et la ligue. Les San Antonio Spurs et Kawhi Leonard s'en souviennent. Les Minnesota Timberwolves ont fait les frais de sautes d'humeur de Jimmy Butler cette année. Après quelques semaines, les Houston Rockets ont dû se séparer de Carmelo Antony qui refusait de ne pas être dans le cinq majeur. Blake Griffin, bouffi d'arrogance le temps d'un match, a sorti son iPad pour montrer aux arbitres leurs erreurs alors que son équipe, les Detroit Pistons, se faisait étriller par les Indiana Pacers en 29 décembre. La liste est longue. De plus, les Lakers et les Pelicans nous ont offert un triste poker menteur dont la source n'est autre que Klutch Sports, la société de gestion de sportifs télécommandée par LeBron James. En plus des blessures, la saison de ces deux équipes en a été grandement affectée.

Il s'en faut de peu pour la réputation de la NBA n'en souffre durablement. Car si le "player empowerment" est une réalité à double tranchant, les petites magouilles d'une autre époque continuent et on s'interroge. Comment les Dallas Mavericks et Mark Cuban, leur propriétaire, ont-ils survécu aux comportements scandaleux d'Earl Sneed ? A 32 ans, Ryan Saunders méritait-il de remplacer Tom Thibodeau au poste de coach des Timberwolves ou l'aura de son père décédé, Flip Saunders, ex-coach de cette même équipe, aurait-t-elle entravé le recrutement normal qu'un coach expérimenté ? Damion Lee jouerait-il pour les Golden States Warriors si son beau-frère n'était autre que Stephen Curry ? Des problèmes de fond subsistent et si il ne fallait en citer qu'un, mineur d'ailleurs : les All-Star Games. Aussi divertissante la draft télévisée fut-elle, nous ferait-elle oublier que les matchs étaient inintéressants ? Non, pas vraiment.

Drive-and-kick

La NBA actuelle offre des scores incroyables, plus de points marqués que jamais. Et pourtant, l'indécision semble s'être emparée des joueurs. Le ballon tourne autour des écrans en tête de raquette, on cherche le joueur libre, on pénètre même parfois dans la raquette... Mais combien de fois avez-vous constaté avec effarement la réticence de certains joueurs à prendre un tir sous le panneau ? Un dunk, un bras roulé et deux points dans la besace. Non ? Les joueurs pénètrent certes mais recherchent avant tout le tireur isolé, oublié par la défense contrainte de se ruer vers l'attaquant.


Tirs à 3 points : les stratégies de plus en plus similaires des équipes

La raison est impérieuse : le tir à trois points et l'analytique. Les joueurs ne sont pas meilleurs tireurs qu'il y a dix ans mais le rythme des matchs (nombre de possessions en 48 minutes) et le nombre de tirs à trois points pris par match augmentent le pourcentage effectif des équipes. Depuis les Orlando Magic de 2009, l'approche s'est popularisée. Les équipes jouent un jeu de plus en plus homogène. Le pick-and-roll est roi et le pivot incapable d'en profiter à trois points n'a plus sa place dans l'élite de la ligue. Un joueur comme Brook Lopez, 2m13, pivot des Bucks, l'a bien compris et prend désormais 65% de ses tirs à trois points.


De 0 à 6,3 tirs à 3 points par match en trois saison !

James Harden en a fait son fond de commerce. La star de Houston nous a gratifié d'une saison incroyable, légendaire, Jordanesque, à ceci près qu'elle ne fait pas l'unanimité. Ses 36,1 points par match vont grincer des dents. Ils incluent 9,6 lancers francs et 4,8 tirs à trois points pour 13,2 tentatives. A 29 ans, Harden est déjà le 9e plus gros marqueur à trois points de l'histoire de la NBA. Et ses records (comme beaucoup d'autres cette saison) ne manqueront pas de tomber si les règles de la ligue continuent à favoriser la liberté de mouvement et le rythme du jeu.

Les meilleurs commentateurs de la NBA

Enfin, un dernier mot sur les commentateurs des chaines américaines, locales ou nationales. Les matchs s'apprécient différemment selon leur expérience et éloquance. Sur NBA TV, vous pouvez choisir de regarder les matchs commentés par les commentateurs maison de l'une ou l'autre équipe s'affrontant. Évitez ceux des LA Clippers, le "Bingo" de Ralph Lawler vous courrait vite sous les nerfs. Il ne devrait pas tarder à prendre sa retraite et c'est tant mieux. Tom Heinsohn des Celtics est également particulièrement agaçant : forcement pro domo comme tout commentateur local mais lui pousse le bouchon très loin.

A l'inverse, Jeff "Skin" Wade, Mark Followill, Derek Harper couvrant les Mavericks sont informatifs et divertissants. Le duo Marc Zumoff et Alaa Abdelnaby est intéressant et les interventions de Serena Winters depuis le banc de touche sont souvent pertinentes. Au sommet de ce classement très subjectif, les Brooklyn Nets. Non seulement l'équipe est prometteuse mais ses commentateurs savent partager leur enthousiasme : Ian Eagle et Sarah Kustok, Michael Grady sur le terrain. Quand ce trio est accompagné par Richard Jefferson, les matchs prennent une saveur particulière. Rien de tels que la compétence et l'humour pour rendre un match de 2 heures et demi vivant.

Quant aux médias nationaux américains, Jeff Van Gundy domine de la tête (et quelle tête) et des épaules. Hubie Brown est toujours d'attaque à 85 ans et devrait donner des leçons à Paul Pierce, probablement le commentateurs le plus inepte qui traine sur les plateaux de TNT. D'une façon générale, le format "players only" est souvent décevant. Il lui manque un présentateur "play-by-play" professionnel qui s'abstient de s'épancher sur ses heures de gloire passée et se concentre sur le match en cours.

Bonne chance à votre équipe préférée et bon vent aux jeunes retraités Dirk Nowitzki, Dwyane Wade, Channing Frye... Carmelo Anthony ?... Jamal Crawford ? ... Pau Gasol ?... qui sait...

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Portrait de MarquisDaily
MarquisDaily

Cinéphile, photoshoppeur et rédacteur en herbe

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