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NBA : le bilan de la finale 2017

Les Warriors ont remporté leur duel face aux Cavaliers de Cleveland en cinq matchs, quatre victoires, au terme d’une saison prédictible mais passionnante. Hier, la parade en leur honneur a eu lieu à Oakland face à 1,5 millions de fans. Champions pour la 4eme fois de leur histoire, leurs Playoffs 2017 se concluent par seize victoires contre une seule défaite. Un bilan remarquable qui cache les circonstances favorables dont ils ont bénéficié. Quant aux Cavaliers, il est certain qu’ils contempleront leur propre performance avec perplexité. Résumons la signification des résultats pour les deux équipes dont la troisième confrontation consécutive en finale (une première dans l’histoire de la NBA) confirme que nous sommes témoins d’une rivalité désormais historique.

 

It is time. #DefendTheLand || #NBAFinals

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59 secondes

Telle aura duré la présence d’Andrew Bogut sur les parquets de la NBA sous le maillot des Cavaliers. Cette recrue de fin de saison aurait pourtant donné deux atouts à son équipe : sa connaissance des Warriors, lui qui a gagné le championnat 2015 avec l’équipe californienne ; ses talents de contreur et rebondeur. Au cours du 5eme et dernier match, le sursaut de Tristan Thompson, pivot titulaire, n’a pas pu faire oublier son absence lors de la série : 14 tirs, 13 points, 21 rebonds… au total sur quatre matchs. Pas étonnant que les Golden States Warriors aient pu jouer à un rythme endiablé avec des joueurs mobiles, leurs propres pivots n’ayant pas eu à beaucoup jouer.

D’autres joueurs des Cavaliers ont été très irréguliers : Kevin Love a contribué au rebond et à trois points mais par intermittence. JR Smith a rappelé qu’il est un excellent tireur après avoir fait de la figuration au cours de deux premiers matchs (3 points et 0 point respectivement). Iman Shumpert n’a pas su contribuer en défense, et notamment en transition, gros point faible des Cavaliers. Les vétérans Deron Williams, le « play maker » tant souhaité par LeBron James, et le sniper Kyle Korver, ont été transparents.

A l’inverse, la prestation de Kyrie Irving a été impériale, notamment durant les 3eme et 4eme matchs. En isolation et en pénétration, peu ont atteint sa maîtrise du ballon et sa capacité à marquer en toute circonstance. Durant la conférence de presse du dernier match, Irving a fait l’éloge de LeBron James en le qualifiant de « freaking awesome » sur les parquets et hors des stades. On peut reprocher au King d’avoir trop peu joué au post, là où son gabarit aurait posé problème aux Warriors. Il peut être critiqué pour ses absences à la fin du 3eme match, à Cleveland : ses adversaires ont marqué 11 points d’affilé durant les trois dernières minutes pour emporter ce match décisif à la barbe de son équipe. Durant les conférences de fin de match, son attitude peut aussi avoir surpris. La casquette vissée sur la tête, une ombre portée sur le visage, il semblait admettre que les Warriors étaient une meilleure équipe. Peu importe, il est désormais le troisième meilleur marqueur en phase finale avec 6163 points, surpassant Michael Jordan, et le premier joueur à avoir un triple double en moyenne lors d’une finale (33,6 points avec 56,4% de réussite, 10 passes décisives et 12 rebonds par match).

 

#squad

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U Can't Touch This

Le hit de 1990 de MC Hammer, natif d’Oakland, est plus que jamais d’actualité. LeBron a beau avoir offert au public le dunk le plus improbable de la série (un alley-oop à lui-même), Kevin Durant est bel et bien le MVP de la finale : 35,2 points, 8,2 rebonds, 5,4 passes décisives par match. Son rebond défensif et panier à trois points à 45s de la fin du 3eme match resteront dans les mémoires. On en oublierait presque que Stephen Curry a lui-aussi réalisé une excellente série avec 26,8 points, 8 rebonds (phénoménal pour un meneur), 9,4 passes décisives par match. Klay Thompson, très bon défenseur, a contribué à gagner le 3eme match, pivot de la série ; Draymond Green a réussi à ne pas se faire éjecter comme l’an dernier ; et malgré des problèmes de santé, Steve Kerr est désormais sept fois champion en tant que joueur avec les Bulls de Michael Jordan et coach des Warriors.

Les Warriors ont paru intouchables sur une série mais pas imprenable sur un malentendu. Ils ont concédé le 4eme match et offert quelques prix de consolation aux Cavaliers : record du nombre de points marqués au premier quart temps (49), à la mi-temps (86) et le plus grand nombre de panier à trois points durant un match de final (24, 53,3% de réussite). Rappelons aussi qu’ils ont bénéficié de blessures de certains joueurs adverses : Jusuf Nurkic lors de la 1ere série face aux Portland Trail Blazers, Rudy Gobert en demi-finale de conférence face aux Utah Jazz, Tony Parker et Kawhi Leonard en finale de conférence face aux Spurs de San Antonio. Ces derniers menaient de 25 points lorsque Leonard a dû quitter le terrain après s’être foulé la cheville.

 

@kingjames #NBAFinals

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Ce que l’on retiendra

Le temps d’un été, Kevin Durant est le meilleur joueur au monde. En 2016, son arrivée chez les Warriors, déjà dotés de trois All-Stars, avait été à ce point controversé que la ligue a depuis durci les règles de transfert des joueurs All-NBA (les stars, en somme). Il faut lui reconnaître qu’il a mérité son trophée. Champion, MVP de la finale, meilleur marqueur de son équipe, atout défensif, il aura donné de sa personne pour ramener la coupe à Oakland et faire taire les critiques. Néanmoins, la performance de LeBron James est si impressionnante qu’il est difficile de ne pas le considérer comme le meilleur joueur de la génération sur la durée. Certes, il a semblé fatigué lors des deux premiers matchs. Mais rappelons qu’il s’agissait de sa huitième finale consécutive (dont trois remportées) et que durant la saison régulière 2016-2017, il a joué plus que tout autre joueur (37,8min / match).

Les rumeurs sur son départ de Cleveland en 2018 voire 2017 et l’avenir des trois joueurs majeurs de l’équipe (James, Irving, Love) vont animer les débats durant l’intersaison. Love sera-t-il échangé contre Paul George, Carmelo Anthony ? Apparemment blessé lors du 5eme match, Irving est-il lui aussi sur la sellette ? Construit autour des talents de passeur de James et de la maestria d’Irving au 4eme quart temps, le banc de Cleveland doit-il être reconsidéré ? Ces questions ont elles un intérêt quelconque puisque les Golden States Warriors sont donnés gagnants pour les 2-3 championnats à venir ? Si la saison NBA 2016-17 a été aussi prévisible, rappelons qu’elle a vu de nombreux records tomber, preuve qu’elle offre du spectacle pour tous. La finale 2017 a d’ailleurs été la plus suivie aux Etats-Unis depuis 1998.

Le débat sur la création de « super-teams » promet également de se poursuivre. Il faut lui accorder le peu d’intérêt qu’il mérite. Depuis les débuts de la BAA en 1947, un tiers des équipes de la NBA n’ont jamais gagné de championnat. Cinq équipes (Celtics, Lakers, Bulls, Warriors et Spurs) se sont même accaparées 70% des titres sur cette même période. Les dynasties existent donc depuis toujours et elles ont dominé le championnat par leur organisation, leurs fans et leurs joueurs. La période actuelle est dans la continuité. Elle nous a permis en outre de voir sept All-Stars dans une même finale, des performances individuelles et collectives remarquables. Ne boudons pas notre plaisir.

 

M D.

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Durant la parade, Draymond Green a porté un t-shirt "Quickie" (une "rapide" - victoire, relation intime...) à l'effigie de la société Quicken Loans, sponsor du stade de Cleveland. Une réponse au t-shirt "Ultimate Warriors" porté par LeBron James pour célébrer sa victoire l'an dernier, trolling oblige. Deux jours plus tôt, pour fêter leur victoire dans le vestiaire, les Warriors se sont aspergés de champagne. Affublés de lunettes de ski pour se protéger les yeux, ils ont involontairement conforté l’opinion de certains estimant que la NBA est devenue molle, les joueurs fragiles et les règles trop protectrices. Pas leur goût pour la fête en tout cas, si on en juge par les 150 000 $ et 80 bouteilles de champagne englouties dans la soirée. Sous peu, Stephen Curry pourra célébrer son nouveau contrat d’une valeur de $200M sur 5 ans. Kevin Durant utilisera quant à lui son option pour rester au moins année supplémentaire à Oakland. Il concédera une poignée de millions de dollars pour que les Warriors puissent conserver Andre Iguodala et Shaun Livingston. Il devrait tout de même être rémunéré $31M.

L’arbitrage du 4eme match, le seul gagné par les Cavaliers, a certes été douteux mais il a également alimenté des suspicions infondées que la ligue souhaitait une finale de plus de quatre matchs pour des raisons financières. Voici une nouvelle preuve qui rappelle que la NBA est un business. Mais pas seulement, parfois le coeur parle, lui aussi. La médiatisation des mères de joueurs, et notamment celle de Kevin Durant, a donné une tonalité plus posée aux plateaux télé. Sans être dénués de controverses, comme celles sur les tweets critiques de la mère de Draymond Green, les débats ont gagné en fraîcheur. Par ailleurs, certains joueurs et coaches se sont engagés dans le débat social durant l’été 2016. L’élection présidentielle américaine a accentué les divisions entre communautés. Elles reviennent sur le devant de la scène alors que, traditionnellement, l’équipe championne de la NBA est reçue à la Maison Blanche. Au sommet de leur popularité (à l’inverse de l’actuel président américain), les Warriors ne s’y rendront probablement pas. Les explications qui seront alors données mériteront le coup d’œil pour les amateurs de figures de style politiquement correctes.

 

#WarriorsParade

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Portrait de MarquisDaily
MarquisDaily

Cinéphile, photoshoppeur et rédacteur en herbe

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