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MacGyver, critique du pilote : un remake chaotique?

Lucas Till (MacGyver), George Eads (Jack, le gros bras), Tristin Mays (Riley, la hackeuse), Tracy Spiridakos (Nicky, l’ex-), Justin Hires (Wilt, l’ami naïf) et Sandrine Holt (Patricia, la boss)… En voyant ces acteurs prendre à bras le corps leur rôle, on ne peut s’empêcher de ressentir de l’empathie. Ils ont assurément une famille à nourrir, une carrière passée et probablement future, un amour propre à préserver. Par ailleurs, un pilote est un exercice risqué. Bienveillant, nous l’avons donc regardé faire de leur mieux dans le remake de MacGyver, série culte de 1987 à 1992.


Nicky: génie, amie de MacGyver et personnage clé des futurs épisodes

Son propos est triple. Il s’agit d’abord de planter le décor. Les origines de l’organisation Phoenix sont présentées et les personnages se dévoilent: leur histoire, leurs talents, leurs relations. MacGyver lui-même s’en charge en voix "off". Grave et masculine, elle contraste avec son jeune âge. Le personnage original avait la quarantaine, il en a maintenant vingt de moins. L’équipe qui l’entoure ne fait pas que compléter son propre jeu de compétences. Elle permet des dialogues plus variés que dans la série originale.

De plus, un pilote se doit d’ouvrir différentes voies scénaristiques. Contrairement aux années 80, les histoires des séries actuelles s’étendent sur plusieurs épisodes. Ce MacGyver-ci offre quelques pistes: un ennemi aussi mystérieux que meurtrier, des déboires sentimentaux à rebondissement, une aventure vécue au Caire qui semble avoir forgé la relation entre MacGyver et Jack.


Points de vue multiples, descriptions des astuces utilisées par McGyver: des artifices de réalisation sans grand intérêt

Par ailleurs, la série doit se distinguer de sa prédécessrice sans se fâcher avec les fans. L’électromagnétisme, la chimie et le crochetage de serrures sont mis à bon escient par notre bricolo en chef. Les compétences en informatique, 2016 oblige, sont quant à elles entre les mains de ses partenaires, Nicky puis Riley. Sans que MacGyver en soit exclues, les scènes musclées sont la prérogative de Jack. Pour les mettre en valeur, la réalisation a recours à des artifices sans grande valeur ajoutée: diviser l’écran lors des scènes à suspens, insérer des textes décrivant les astuces utilisées par MacGyver, abuser d’une informatique "bipante" et surpuissante.

Le pilote apparait confus et mélange les références. L’arrivée en Mercedes 300SL et une vue par son pot d’échappement rappellent James Bond et sa séquence d'ouverture dite « gun barrel ». La musique et les lunettes, Mission: Impossible. La salle blanche d'analyse scientifique, un CSI quelconque. Et aussi, tout de même, un peu MacGyver avec son couteau suisse et ses trombones dépliés. Il en va de même pour la bande son qui arrive à insérer un Fortunate Son de Creedence Clearwater rock improbable dans la scène d’action finale. Fils fortuné de son père? Ce MacGyver serait-il le fils du héros des années 80-90? Hypothèse à vérifier avec un caméo tant espéré de Richard Dean Anderson, le MacGyver d'origine.


Lucas Till (MacGyver) est crédible quand il prend son rôle au sérieux, insupportable par ailleurs

Le pilote arrive à prendre par surprise et divertit suffisamment les spectateurs pour retenir leur attention durant ses 43min. Autant d’opportunités pour constater les errances des personnages, vraies faiblesses de la série à ce stade. Lucas Till est pourtant un MacGyver correct lorsqu’il se décide d’abandonner sa tête de premier de la classe ou ses faux airs de séducteur mystérieux. Tristin Mays s’en sort convenablement en hackeuse implacable et sexy. Les épaules étriquées de George Eads minent son rôle de tueur rigolard et acolyte peu crédible de MacGyver. Sa violence lors d’une scène d’interrogation va en froisser plus d’uns. Le fond est atteint avec Justin Hires, caution afro-américaine et comique du film. On continue de creuser avec la scène finale les réunissant et l’éclat de rire dont ils nous gratifient, écho de notre propre sourire embarrassé.

A ce stade, des questions se posent. Ces acteurs à qui on ne veut que du bien et qui ont fait de leur mieux, savaient-ils qu’ils s’apprêtaient à décevoir des millions de fans? Avaient-ils le pressentiment que le pilote serait gratifié d’un 6/10 cinglant sur IMDB, la série d'un 4,8/10 claquant? La nostalgie (la leurs, y compris) obstrue-t-elle notre capacité d'enthousiasme? Il faudra plus que du collant double-face pour rabibocher ce remake et les fans. Si son rythme et la réalisation sont corrects, les seconds rôles et la profusion confuse de clichés étouffent MacGyver dans ce pilote. Cinq autres épisodes sont annoncés. De quoi redresser la barre, espérer décrocher une seconde saison et à défaut, pour ses acteurs, un rôle dans un autre série.

Prochaine épisode: vendredi 30 octobre 2016 sur CBS.

 

Portrait de MarquisDaily
MarquisDaily

Cinéphile, photoshoppeur et rédacteur en herbe

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