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Un justicier dans la ville : le remake

Cette année, les personnages badass tourmentés ont la côte. Pour preuve, John Wick et Lorraine Broughton (Atomic Blonde). La MGM nous propose donc un remake de Death Wish (Un justicier dans la ville), un classique du film d’action de 1974 réalisé par Michael Winner avec le légendaire Charles Bronson. Il est l’adaptation d’un livre de Brian Garfield. Son sous-titre pourrait s’appliquer tel-que à la version de 2017 : « une histoire explosive sur la violence urbaine et la vengeance ». Un homme voit sa femme tuée et sa fille violée et traumatisée. Bien que normalement tempéré, il décide de pallier les carences de la police et de se faire justice seul.

Les œuvres originales avaient déjà donné lieu à des suites. Brian Garfield publia Death Sentence en 2007 qui devint un film avec Kevin Bacon en justicier urbain. Charles Bronson incarna à quatre autres reprises le personnage de l’architecte devenu vengeur publique, Paul Kersey. De pâles caricatures pétaradantes du premier film, sans grand intérêt, qui ont terni la filmographie de l’acteur présent dans des chefs d’œuvre comme La grande évasion, Il était une fois dans l’ouest ou encore Les sept mercenaires. Pour faire un parallèle, pensez au premier Rocky se métamorphosant en Rocky IV.


2017 : Bruce Willis en héros à hoodie. Dans Incassable ? Non, dans Un justicier dans la ville

La bande-annonce de 2017 ne rassure pas vraiment. Le drame familial est rapidement effacé par l’action, l’arsenal et les sourires en coin de Bruce Willis, alias Docteur Kersey. Les patients qu’ils traitent pour blessure violente semblent lui offrir la matière à exercer sa justice musclée dans les rues de Chicago. Comme dans la version de 1974, la population, les média et la police s’interrogent sur l’attitude à adopter face à celui que certains considèrent comme un ange gardien, d’autres comme un simple criminel.

Des plans du film original sont repris : tirer froidement sur des hommes à terre (fussent-ils des criminels), viser avec sa main imitant une arme à feu... Mais on espère que ce remake adaptera à notre époque les sujets qui font la force du film de Michael Winner. Tout d’abord, la folie meurtrière qui s’empare de Paul Kersey est la conséquence de la mort de sa femme, la démence de sa fille violée par un Jeff Goldblum méconnaissable, puis de l’alcool et de l’accès à une arme à feu. Elle lui est offerte par une collègue texan, état particulièrement touché par les meurtres collectifs. Comment la version de 2017 justifiera-t-elle que la protection de ses proches devient une vendetta généralisée alors que l’actualité américaine est régulièrement endeuillée ?


1974 : "héros ou menace ?" La question reste posée

Par ailleurs, le double jeu de la police newyorkaise était également sujet à débat : compétente, violente aussi, elle identifie rapidement que Kersey est l’assassin. Elle décide pourtant de l’exiler dans une autre ville (Chicago, précisément) pour faire perdurer le mythe du justicier implacable et améliorer les statistiques de sa criminalité. Comment une telle pratique sera-t-elle légitimée mais aussi transposée en 2017 où les réseaux sociaux font fi des distances ? La bande-annonce de 2017 ne donne pas encore d'éléments de réponse.

Un justicier dans la ville sortira en salles aux E-U le 22 novembre 2017. Outre Bruce Willis, on trouve au casting Vincent D'Onofrio, Elisabeth Shue, Dean Norris, Kimberly Elise. A la réalisation, Eli Roth, producteur et réalisateur de films d'horreur et de thrillers peu réussis (Knock Knock en 2015 avec Keanu Reeves par exemple).

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MarquisDaily

Cinéphile, photoshoppeur et rédacteur en herbe

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