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Fight Club 2, la suite littéraire d'un chef d'oeuvre

Attention, cet article contient des spoilers sur le premier film!

Fight Club est sans conteste un film culte. Porté par son histoire haletante ainsi qu'un trio d'acteurs formidable (Edward Norton/Brad Pitt/Helena Bonham Carter), il reste gravé dans la mémoire de beaucoup. Vingt ans après la sortie du livre dont est adapté le film (le saviez-vous?), ce printemps, son auteur Chuck Palahniuk a créé la surprise. Avec Fight Club 2, un comic-book en 10 numéros, il met un terme à l'histoire du Narrateur, Tyler Durden et Marla. Recueillie en un énorme omnibus de plus de 250 pages, la série est publiée en France aux éditions Super 8.

L'intrigue de Fight Club 2 commence une dizaine d'années après la fin du film. Le Narrateur, qui se fait appeler Sebastian, est maintenant marié à Marla, avec qui il a un fils. Il vit malgré tout une vie toujours aussi pourrie où la solitude est remplacée par un mariage dysfonctionnel. Mais il survit, libéré de Tyler Durden, son alter-ego charismatique, mégalomaniaque et avide de destruction.

Enfin, c'est ce qu'il croit... Car s'il veut stopper Tyler une bonne fois pour toute, Sebastian va devoir à nouveau se plonger dans les abysses du Fight Club et du Projet Chaos.


Les couvertures des comics originaux sont d'une beauté... Voici la dernière.

Pour faire court, Fight Club 2 est la suite parfaite à Fight Club. On retrouve la même atmosphère pesante, les mêmes personnages désabusés au cœur de la même violence crue, poisseuse. On y retrouve la même critique de la société et de l'humanité, toutes deux pourries jusqu'à la moelle. Fight Club 2 aborde aussi des sujets très actuels avec un accent poussé sur les guerres au Moyen-Orient et le terrorisme (Tyler Durden, tête pensante derrière l’État Islamique? On se pose la question). Il est néanmoins possible de se perdre de la narration qui saute d'une intrigue à une autre sans préavis. Normal, dira-t-on, au vu des personnages… Mais le tout reste très efficace.

L’œuvre flirte constamment avec le quatrième mur de la fiction, par exemple en intégrant le processus d'écriture dans le récit. Plus encore, des éléments de contexte ont été « rajoutés » par dessus les cases, cachant des visages, du texte. Le tout est toujours très bien fait mais rajoute quand même une couche de complexité à une œuvre déjà difficile. Surtout, prenez votre temps en le lisant.


Une partie de la couverture variant du numéro 1, qui représente bien l'oeuvre dans son ensemble.

Enfin, deux mots sur l'art, quand même… Le style de Cameron Stewart, très rectiligne, se marie parfaitement avec les travail des couleurs tout en aplat. Les contrastes de lumière sont brutaux, tout comme le contenu aux images fortes sans sombrer dans le gore. Les couvertures, quant à elles, sont tout bonnement splendides.

Au final, Fight Club 2 est très probablement un must-have, surtout si vous avez aimé le film. Le livre vaut amplement son prix, d'autant plus que c'est un très bel objet (comme tous les recueils de comics).

Par contre, nous enfreignons ici la première règle du Fight Club. Donc n'en parlez surtout pas à vos amis, montrez leurs plutôt cet article !


"The first rule of Fight Club..."

Portrait de Gaerynn
Gaerynn

Rédacteur avide de manga, comics et de pop culture en général. Bow-ties ares cool.

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