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NBA : un point sur les transferts

Difficile de suivre les transferts actuels dans la NBA. Le nouvel accord collectif signé fin 2016 avait pour objectif de fidéliser les stars à leur équipe. Par ailleurs, les Golden State Warriors semblent parer pour s’imposer dans les années à venir : quatre All-Stars âgés de moins de 30 ans, une organisation solide, comment leur résister ? La tentation pourrait être de laisser la tornade passer et de développer les compétences de jeunes joueurs à l’horizon 2022.

Il n’en est rien. Les équipes pourront officiellement solliciter les joueurs libres à partir du 6 juillet mais beaucoup s’activent déjà aussi pour échanger des joueurs sous contrat, en résilier d’autres et bâtir des cinq majeurs compétitifs : une excellente nouvelle pour les fans.

Pour comprendre la logique des transferts, il faut avoir en tête quelques principes :

  • La NBA impose aux équipes un plafond salarial. En 2017-18, la somme des salaires des joueurs ne devra pas dépasser 99M$. Il y a de nombreuses exceptions et un autre plafond à 119M$ est instauré au delà duquel une taxe lourde et progressive est appliquée. Cette règle signifie que les équipes doivent trouver un équilibre entre le salaire élevé de leurs quelques stars et celui du reste de l’équipe, indispensable à son succès,
  • Les transferts de joueurs mettent à l’épreuve deux réalités : le désir de gagner et les motivations financières des uns et des autres. Certains ajouteront la fidélité entre individus et fans mais on sait déjà qu’elle pèse finalement peu ans les décisions. Après être transféré, n’importe quel joueur déclare volontiers aux médias la lapalissade suivante : « de toute façon, la NBA, c’est un business »,
  • Quand un contrat est proposé, les négociateurs considèrent sa valeur globale et jouent sur trois paramètres : sa durée (maximum 5 ans), l’échelonnement des paiements annuels et les clauses particulières. Par exemple, la dernière année des contrats des stars est souvent optionnelle, à la discrétion du joueur ou de l’équipe. Libre à eux de l’utiliser ou de laisser plusieurs millions de dollars pour s’offrir d’autres alternatives,


LeBron James (crédit : Getty Image)

  • Constituer une équipe est normalement de la responsabilité de son directeur général. Depuis quelques années, deux joueurs en particulier ont changé le rapport de force entre stars et management : Carmelo Anthony et LeBron James. Le contrat d’Anthony dispose d’une close empêchant son équipe de le transférer. Les Knicks de New York s’en mordent encore les doigts. Se lier à une star versatile sur le déclin pour le meilleur et pour le pire peut s’avérer être… pour le pire. D’ailleurs, merci et bye bye à ce cher Phil Jackson, ex-président des Knicks. James a quant à lui rejoint les Cavaliers avec un contrat de un an, plus une année optionnelle à son bon gré. La pression est alors immense pour l’équipe d’accéder aux souhaits du « King » sous peine de le voir partir offrir ses services à une autre bannière. Par tweets et déclarations de presse interposés, la pression est forte sur les Cavaliers. Ce changement est significatif,
  • Quand un joueur arrive en fin de contrat, trois options se présentent : l’échanger contre un ou plusieurs joueurs dont la somme de salaire équivaut au sien ; signer une extension de contrat ; le laisser partir et devenir un « free agent » à disposition. En général, un bon joueur grassement payé en fin de contrat est problématique pour une équipe. Faut-il prolonger son contrat en espérant que ses performances restent les mêmes ? Faut-il préparer l’avenir et s’en séparer en échange d’une poignée de jeunes joueurs peu payés ? Telle est souvent l’alternative,
  • Rappelons aussi que le salaire moyen d’un joueur en NBA est d’environ 4,5M$/an et le salaire médian de 1,7M$/an. La durée moyenne d’une carrière est de moins de 5 ans. Gardez bien ses chiffres en tête quand vous lirez ceux qui suivent.

Et alors ? Comment ces principes s’appliquent-ils à cet été 2017 ? Et bien, avec une intensité rare. Le jeu de dominos auquel nous assistons en surprend plus d’un. Voici quelques exemples auxquels manquent certains transferts réalisés entre la rédaction de cet article et sa publication :

  • Stephen Curry : on s’y attendait mais la nouvelle est tombée ce matin. La star des Golden State Warriors a signé un contrat super-max estimé à 201M$ d’une durée de 5 ans. L’an dernier, le contrat garanti le plus juteux de la ligne était celui de Mike Conley des Memphis Grizzlies à 140M$ « seulement ».
  • Chris Paul : président de l’Association des joueurs de la NBA depuis 2013, l’ex-meneur des Clippers a fait fi de l’option super-max réservée aux super-stars. Son équipe lui aura refusé un contrat de cinq ans compte tenu de son âge. Lui restait donc à utiliser la dernière année de son contrat actuel : quitter et laisser les Clippers sans meneur ou signer et imposer un transfert avec l’équipe de son choix, en l’occurrence les Houston Rockets. Pendant un an donc, il jouera avec James Harden, de retour à sa position d’arrière / ailier. Les Rockets ont transféré un groupe de joueurs intéressants : Patrick Beverley, Sam Dekker, Lou Williams et une sélection au premier tour de la Draft 2018. Les Clippers s’en sortent finalement bien et Houston disposera de deux excellents passeurs , deux rois du pick & roll, deux lobeurs d’élite qui feront du modeste Clint Capela un pivot de génie,
  • Jimmy Butler : quelques jours après avoir signé une extension d’un an valant 24M$, Dwyane Wade apprenait que le contrat de Raja Rondo n’avait pas été prolongé les Bulls mais que le All-Star Jimmy Butler était désormais réuni avec son ex-coach Tom Thibodeau à Minnesota. Associé aux prometteurs Karl-Anthony Towns et Andrew Wiggins, Butler devrait s’imposer comme le nouveau leader de l’équipe. En échange, les Bulls ont obtenu Kris Dunn, Zach LaVine (blessé en 2017) et les 7eme et 16eme sélections à la prochaine draft. Pas mal mais certainement pas de quoi enthousiasmé les fans de Chicago et encore moins Wade,
  • Ricky Rubio : autre domino à tomber, l’espagnol quitte Minnesota pour rejoindre les Utah Jazz. Encore sous contrat pour deux années, son arrivée signifie le départ de George Hill sur un marché déjà saturé en meneurs. On pense par exemple à Kyle Lowry (Toronto), Jeff Teague (Indiana) et Derrick Rose (New York) en quête d’un nouveau contrat.
  • Paul George : depuis longtemps déjà, la star d’Indiana a affiché son intention de quitter les Indiana Pacers. Pas très malin puisqu’il a placé son équipe dans une position de négociation défavorable. Encore sous contrat pendant un an, le voilà transféré à Oklahoma City avec le MVP Russell Westbrook. En retour, les Pacers reçoivent Victor Oladipo et le rookie Domantas Sabonis, c’est-à-dire bien peu. Les Thunders ont assurément besoin d’un autre marqueur après le départ de Kevin Durant et George a marqué 23,7 points / match la saison passée. De plus, s’adjoindre un joueur du talent de George pourrait motiver Westbrook à signer une extension, lui qui n’est garanti de rester à Oklahoma que la saison prochaine, la saison 2018-19 étant optionnelle. D’ailleurs, la même question se pose côte est avec un autre meneur d’élite, John Wall (Washington Wizards) qui se voit proposer un contrat de 4 ans en plus des 2 ans en plus de son contrat actuel, pour un montant super-max de 170M$. Sur cette base, Westbrook devrait s’attendre à une offre égale à celle de Curry.

Les autres joueurs de gros calibres sont courtisés par de nombreuses équipes mais leur choix n’est pas encore arrêté :

  • Blake Griffin : suite au départ de Chris Paul, il devrait rester chez les Clippers pour 170m$, 5 ans. On parle aussi des Spurs, des Knicks comme destination possible,
  • Gordon Hayward pourrait rester à Utah mais les Boston Celtics et les Miami Heat tentent activement de séduire l’excellent ailier de 27 ans,
  • Paul Millsap : Rappelez-vous, en 2015, les Hawks d’Atlanta terminaient la saison en tête de la conférence est avec 60 victoires. Depuis, ses joueurs majeurs sont partis y compris sa recrue de la saison passée, le pivot Dwight Howard. Son seul All-Star, Paul Millsap sera « free agent » dans quelques jours. Il devrait partir. La reconstruction des Hawks se poursuit,
  • Andre Iguodala : joueur important des Golden State Warriors, défenseur acharné, MVP de la finale 2015 et bientôt présentateur de son propre talk-show (« Evenings with Andre »), il devrait rester à Oakland. Il rencontre pourtant d’autres équipes dont les Spurs pour jauger les offres à disposition pour ses services.

On peut tirer deux conclusions des transferts déjà annoncés. Les destinations choisies par les stars de la NBA en ont surpris plus d’uns mais elles favorisent toutes la conférence ouest. Sans changer la position dominante des Golden States Warriors, les transferts déjà réalisés la rendent plus compétitive que jamais. A l’inverse, LeBron James, si il reste à Cleveland (son contrat 2017-18 est optionnel) aura à nouveau un tapis rouge déroulé devant lui pour atteindre la finale de conférence est. De plus, les super-stars aiment de plus en plus les contrats courts : moins de sécurité mais plus de liberté d’action au point que l’intersaison 2019 fait déjà saliver. S’ils terminent leur contrat actuel, option incluse, Lebron James, Paul George, Chris Paul, Carmelo Anthony et Russell Westbrook seront tous disponibles pour former leur propre « super team ».

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Portrait de MarquisDaily
MarquisDaily

Cinéphile, photoshoppeur et rédacteur en herbe

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